Le grand emprunt 2010

Guillaume Guichard (lefigaro.fr)

Le président Nicolas Sarkozy a dévoilé ses décisions concernant le grand emprunt de 35 milliards d’euros, dont 22 milliards seront levés sur les marchés. La priorité est donnée à la recherche et à l’enseignement, qui recevront 11 milliards d’euros.

«Nous devons préparer la France aux défis de l’avenir.» Pour cela, l’Etat va lancer un grand emprunt de 35 milliards d’euros, exclusivement destiné aux investissements, a annoncé Nicolas Sarkozy lundi 14 décembre. Un chiffre conforme aux recommandations de la commission Juppé-Rocard chargée de plancher sur le sujet.

Ce grand emprunt «déclenchera 25 milliards d’euros d’investissements venant du privé de l’Europe, des collectivités territoriales», selon le président. Au total, ce sont donc 60 milliards d’euros qui devraient être investis dans les 5 domaines prioritaires définis par le chef de l’Etat. Une des interrogations lors des réflexions sur le grand emprunt portait sur le mode de financement. Nicolas Sarkozy a tranché : l’Etat lèvera 22 milliards d’euros sur les marchés. Les particuliers ne seront pas sollicités, cela aurait coûté «un milliard» de plus, a justifié le chef de l’Etat. En outre, 13 milliards seront financés par les fonds d’aide remboursés par les banques.

La plus grande part du gâteau ira à l’enseignement supérieur et à la recherche, «clé de notre compétitivité future», qui recevront respectivement 11 et 8 milliards d’euros, a détaillé le chef de l’Etat. Une dizaine de campus «d’excellence» recevront un financement exceptionnel (8 milliards).

Près de 1,3 milliard d’euros servira à accélérer le plan Campus, tandis qu’un milliard sera alloué à la mise en place d’un campus centré sur les hautes technologies à Saclay, en région parisienne, et regroupant les grandes écoles d’ingénieur parisiennes et les universités scientifiques.

«Nous voulons les meilleures universités du monde. L’autonomie sans argent ça ne suffit pas», a justifié Nicolas Sarkozy. Les universités «d’excellence» seront donc, pour la première fois, dotées de fonds propres. L’apprentissage recevra pour sa part 500 millions d’euros.

Concernant la recherche, 3,5 milliards seront alloués aux sociétés de valorisation, «interfaces entre les grands industriels et la recherche». Les secteurs de la biotechnologie et de la santé recevront 2,5 milliards. Cinq centres hospitaliers universitaires, dans un premier temps, recevront 850 millions d’euros. Un appel d’offre sera lancé dans les prochains mois. «Nous voulons concentrer les moyens dans un petit nombre d’équipes», a précisé Nicolas Sarkozy.

L’industrie et les PME n’ont pas non plus été oubliées, avec 6,5 milliards d’euros. L’automobile, l’aéronautique, le ferroviaire et l’industrie navale seront les principaux bénéficiaires de cette enveloppe. D’autre part, un milliard d’euros «sera réservé aux conclusions des Etats généraux», a ajouté Nicolas Sarkozy.

Par ailleurs, le chef de l’Etat a alloué 5 milliards d’euros pour les énergies renouvelables. Il s’agira de financer notamment le développement du réacteur nucléaire de 4e génération (1 milliard) et des énergies alternatives (2,5 milliards) via l’Ademe.

Le CEA sera rebaptisé pour l’occasion. Il «y a un savoir-faire technologique inégalé dans le nucléaire, mais il nous permet de figurer au premier rang de la recherche mondiale dans le domaine solaire des biocarburants ou le stockage d’énergie», a poursuivi le président de la République. «Demain, je souhaite qu’il approfondisse encore ces orientations en faveur des autres énergies décarbonnées (…) Le CEA va donc devenir le commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives».

Enfin, 4,5 milliards d’euros seront dégagés à l’économie numérique, notamment pour la couverture du territoire en haut débit dont le plan sera présenté «dans les prochains jours », a promis le chef de l’Etat. D’autre part, 750 millions d’euros seront alloués à la numérisation du patrimoine culturel national (musées, bibliothèques…).

«Il n’est pas question de laisser notre patrimoine partir», a martelé Nicolas Sarkozy, sous-entendant qu’il ne voulait pas laisser ce chantier à Google, qui a pris une certaine avance dans la numérisation des fonds des bibliothèques, notamment

Le grand emprunt ne servira pas à financer les dépenses de fonctionnement, a assuré le chef de l’Etat. Les fonds mobilisés seront «clairement distincts du budget de l’Etat», a-t-il précisé. Et ils seront sous haute surveillance. René Ricol sera nommé commissaire général à l’Investissement, sous l’autorité du premier ministre. Un comité de surveillance sera aussi mis en place, présidé par Alain Juppé et Michel Rocard

  • Le grand emprunt fait la part belle à la recherche

» Retrouvez l’intégralité du discours de Nicolas Sarkozy :  

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