Et s’il y avait école le mercredi matin?

Publicada en Publicada en Sarah Juanole, Société

Etaler la semaine d’école sur cinq jours sans toucher à la grasse matinée familiale du samedi, désormais acquise. Ce serait possible en envoyant les enfants à l’école le mercredi matin. En échange, ils pourraient ranger les cahiers plus tôt chaque jour, même s’ils restent à l’école pour d’autres activités, jusqu’à ce que parents ou nounou viennent les y chercher.

La suggestion va forcément faire débat. Lorsque l’inspecteur d’académie du Val-de-Marne l’avait émise début octobre, il avait soulevé un tollé local. Cette fois, elle vient de la FCPE, première fédération de parents d’élèves, qui lance carrément une campagne nationale. Parents de tous bords, enseignants et communes sont invités à y réfléchir en conseils d’école et tenter de mettre en place, pour la rentrée prochaine, des semaines de neuf demi-journées de classe.

« Il en va du bien-être et de la réussite des enfants ! » plaide le président de la FCPE, Jean-Jacques Hazan. Le rythme de quatre jours de cours, six heures par jour, instauré presque partout depuis la rentrée dernière « est le pire qui soit du point de vue des enfants », souligne Claire Leconte, chercheur en psychologie à Lille-III : « La France est le seul pays au monde à soumettre ses élèves à un tel régime. » Epuisant, estime la chercheuse. « Qui dit jour de congé, en l’occurrence en pleine semaine, dit coucher moins tôt la veille, et tout parent sait que l’enfant ne dort pas plus tard le lendemain pour autant ! » « On apprend aussi mieux, un peu chaque jour, que beaucoup d’un coup », renchérit Jean-Jacques Hazan. « Toutes les études depuis trente ans sont d’accord là-dessus. Alors réfléchissons ensemble, en pensant pour une fois aux enfants et pas aux seuls intérêts des adultes. »

Plusieurs villes y pensent.

Au ministère, on se défend d’avoir « imposé » la semaine de quatre jours en supprimant le samedi matin travaillé. En confidence, le ministre n’a même jamais caché qu’il était pour l’école le mercredi matin, que deux écoles sur cinq, dans la Vienne, ont par exemple réussi à conserver. « Sauf que, de fait, pour beaucoup, c’était impossible à organiser entre le décret de mai supprimant le samedi et la rentrée, rétorque la FCPE. La semaine de quatre jours est devenue le droit commun. Aujourd’hui, pour revenir à 4,5 jours de classe, il faut l’accord du conseil d’école, puis demander une dérogation que certaines académies ont même refusée ! »

La fédération pousse cependant à s’engouffrer dans cette « petite fenêtre de tir ». Il reste quatre mois avant les grandes vacances. Plusieurs villes y réfléchissent déjà. Grenoble (PS), prête à répartir ses activités périscolaires du mercredi sur toute la semaine, consulte actuellement ses 7 800 parents d’élèves et les instits, avec l’espoir que 20 % des écoles adoptent ce rythme, mais sans grandes illusions. « Il y a des réticences, reconnaît Paul Bron, adjoint aux affaires scolaires. Le débat finit toujours par buter sur l’organisation personnelle de chacun, parent, ou enseignant. »

Source: Le Parisien

Deja un comentario

Este sitio usa Akismet para reducir el spam. Aprende cómo se procesan los datos de tus comentarios.