Le Clézio, Prix Nobel : “Il faut continuer de lire des romans”

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Jeudi 9 octobre, l'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio a reçu la consécration du Nobel de littérature pour une oeuvre dominée par les thèmes du voyage, de l'exil et de la nostalgie des mondes primitifs.

 

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On avait peine à se frayer un passage dans les couloirs menant aux salons de réception, jeudi 9 octobre, au siège de la maison Gallimard, peu de temps après l’attribution du prix Nobel à Jean-Marie G. Le Clézio. Face à la presse, l’heureux lauréat, accompagné d’Yvon Girard, bras droit d’Antoine Gallimard, a fait son entrée sous les crépitements des flashs.

Le Clézio s’est plié patiemment au jeu des questions, répondant, selon ses interlocuteurs, en français, en anglais ou en espagnol. “Je suis ému et heureux. Je ne m’y attendais pas. Quand le téléphone a sonné, j’étais en train de lire La Dictature du chagrin, de Stig Dagerman.”

Visiblement ému, JMG Le Clézio a précisé : “Mon message est qu’il faut continuer de lire des romans car c’est un bon moyen de comprendre le monde actuel. Le romancier n’est pas un philosophe, ni un technicien du langage, mais celui qui écrit et pose des questions.” A de nombreuses reprises, le nouveau lauréat a rendu hommage à l’île Maurice, sa“petite patrie”, ajoutant que “la France est [sa] patrie d’adoption culturelle”.

Interrogé sur le déclin de la culture française, le romancier s’est montré sceptique : “Cette culture a un passé si riche… On constate un véritable renouveau de la culture française dans tous les pays francophones.” Ecrivain “français, donc francophone”, Le Clézio s’est montré plus réservé sur la notion d’“écrivain engagé”. “Encore faudrait-il définir ce terme. Si je le suis, c’est dans le sens où je suis indigné contre l’injustice et la violence.”

Sur la crise financière, le romancier a répondu n’avoir guère eu à faire avec les banques. “Je suis endetté.” Au “plus maintenant !” d’un journaliste – le lauréat du Nobel remporte 1 million d’euros –, l’écrivain a souri. Ensuite, le nouveau Prix Nobel a rendu un hommage appuyé à Claude Gallimard, décédé en 1991, qui fut son premier éditeur en 1963 : “Il fut plus qu’un éditeur, il fut un ami.”

Déjà dans l’écriture de son prochain roman, JMG Le Clézio ne craint pas “d’être freiné” par ce prix. Il a le projet de faire un long séjour en Afrique pour écrire un roman à la mémoire de Senghor.

Christine Rousseau

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