Infatigable Charles Aznavour!

Ambassadeur d’Arménie en Suisse, où il réside, Charles Aznavour milite pour la réconciliation entre la Turquie et l’Arménie. Sans oublier de préparer la sortie de Charles Aznavour & The Clayton Hamilton Jazz Orchestra, un disque jazz, attendu le 30 novembre (Capitol/EMI), ou de se promener, tel un galopin, dans le long cours de sa vie. Il en raconte des bribes charmantes et non chronologiques, dans un livre qui vient de paraître, A voix basse (Don Quichotte, 2009, 225 p., 17 euros). Citoyen arménien depuis décembre 2008, Charles Aznavour est né à Paris le 22 mai 1924, de deux parents arméniens, exilés après le génocide de 1915 perpétré par la Turquie. Profondément engagé pour l’Arménie depuis le tremblement de terre qui ravagea le pays en 1988, Aznavour en est devenu un héros, “statufié de mon vivant dans la ville de Grumi”.

Le conflit du Haut-Karabakh – six ans de guerre entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, de 1988 à 1994 – n’avait pas arrangé les relations entre la Turquie et l’Arménie. Le 10 octobre, les deux pays ont enfin réussi à s’entendre et ont signé un accord à Zurich (Suisse), prévoyant, entre autres, la réouverture des frontières, fermées en 1993. Parmi les officiels, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et Charles Aznavour, 85 ans, Français de France et Arménien aussi. “Non, jamais je n’ai cherché à trafiquer mon passé de “pièce rapportée”. Je suis né Aznavourian, et si de mon nom j’ai sacrifié le suffixe “ian”, ça n’était pas pour en ôter la sonorité étrangère, mais pour une raison fort simple : imaginez-vous une affiche à rallonge sur laquelle on lirait : Shanourh Aznavourian”, écrit l’auteur, dont le nom de scène à ses débuts fut cent fois écorné : “Azvanour, Absadourg, Asstambourg, etc.” Il a fallu du temps pour l’imposer, et, dans A voix basse, Aznavour donne quelques recettes pour réussir sa vie d’artiste : d’abord avoir de l’humilité, de la prudence et du courage.

Si vous allez trop vite – genre “Star quelque chose” – vous arrivez “au paradis des illusions, porte ouverte sur l’enfer des désenchantements… Du fruit de ce travail-là, vous risquez de ne récolter que les épluchures. Car il n’y a pas de secret, le plus dur reste toujours à accomplir : tenir”. Le nouvel album met en scène d’anciennes chansons – dont Comme ils disent (1973) ou Il faut savoir (1962). Faut-il s’arrêter sur la brisure de la voix ? Non, puisque le swing perdure. Et que “la jeunesse perdue, c’est celle du corps qui nous abandonne en tout premier”.

source : www.lemonde.fr

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