La crise économique: le plan Paulson

Publicada en Publicada en Amal Moufdy, Compréhension orale

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Le “nouveau” plan Paulson, une nationalisation pas tant de gauche que ça
LE MONDE | 13.11.08 | 08h08 • Mis à jour le 13.11.08 | 09h49

Henry Paulson, le secrétaire américain au Trésor, a donc modifié à 180° son angle d’attaque de la crise financière. Pour restaurer la capacité des banques à alimenter l’économie en liquidités, il avait choisi de leur retirer les produits “toxiques” qui les asphyxiaient. Il avait fait adopter par le Congrès un plan pouvant mobiliser jusqu’à 700 milliards de dollars à cette fin.

Le 12 novembre, il a choisi d’utiliser cet argent pour entrer dans le capital des banques en difficulté afin de leur redonner les moyens de prêter de l’argent aux entreprises et aux particuliers. Il s’est rendu aux arguments des démocrates et des Prix Nobel Joseph Stiglitz et Paul Krugman qui l’en priaient. Il a suivi le britannique Gordon Brown, le premier à avoir eu le culot de pratiquer à grande échelle cette nationalisation de fait.

Car l’exemple suédois est là pour prouver qu’il s’agit de la parade la plus efficace et la plus juste. En 1992, le gouvernement suédois – de droite – avait choisi de garantir tous les crédits des banques en difficulté et, en contrepartie, d’entrer dans leur capital. Moyennant 65 milliards de couronnes (10 milliards d’euros del’époque), soit 4 % du produit intérieur brut de la Suède à l’époque, il s’est retrouvé à la tête de la majorité du secteur bancaire national qu’il a redressé en vendant à bon escient les créances douteuses. En deux ans, la rentabilité du secteur bancaire était restaurée. En dix ans, le crédit est revenu à son niveau antérieur. Aujourd’hui, l’Etat a été remboursé en totalité.

Si Henry Paulson a tant tardé à adopter une thérapeutique qui peut sembler de gauche et qui ménage plus l’argent des contribuables que le cantonnement des actifs “toxiques” (quasiment invendables) dans une structure ad hoc, c’est, d’abord, pour une raison idéologique : nationaliser même provisoirement est une hérésie pour l’ancien banquier qu’est le secrétaire au Trésor.

La deuxième raison est électorale : il ne fallait pas nuire au candidat républicain à la présidentielle John McCain qui ne voulait pas cette intrusion de l’Etat honnie par son électorat.

La troisième est clanique : l’ancien patron de Goldman Sachs qu’est Henry Paulson se voyait mal mettre à la porte de leur banque ses anciens collègues.

La quatrième raison, c’est Pascal Lamy, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), mais aussi ancien directeur du Crédit lyonnais, qui la donne au “Monde” : “Il est très complexe pour des gouvernements de participer à la gestion des banques, car il leur faut nommer des personnes compétentes pour en surveiller le redressement. Ces personnes leur demandent des instructions, par exemple s’il faut privilégier le compte d’exploitation ou le chiffre d’affaires, etc. Autrement dit, sauver les banques, c’est un énorme travail qui requiert des gens compétents et du doigté et ce travail est particulièrement énorme pour les Etats-Unis qui ont éradiqué cette pratique depuis longtemps”.

Compétences et doigté seront d’autant plus nécessaires qu’à partir du mois de janvier, l’administration Obama pourrait avoir la tentation de ne pas nationaliser seulement les banques, mais aussi d’autres entreprises majeures en difficulté, par exemple dans l’automobile.

Alain Faujas

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