La roulotte, le voyage bohème et “écolo”.

20 mars 2009

TOURISME

En septembre, Bérénice, 26 ans, et son amie Florane, 23 ans, doivent partir de Portbail (Manche) pour un périple de neuf mois en direction du Portugal. Leur moyen de transport ? Un chariot bâché, version cheap de la roulotte, attelé à un âne du Cotentin. Leur journal de bord sera consigné sur un blog (voguealane@ gmail.com). ” L’idée est de faire un voyage écolo, en progressant à l’allure de l’animal pour retrouver un rythme de vie plus humain, loin des villes “, expliquent les deux étudiantes.

Leur projet est né après avoir consulté Equi-marché.com, le site Internet d’une entreprise normande spécialisée dans la fabrication et la vente de véhicules ” hippomobiles “. ” La majeure partie de nos clients nous parle d’une envie de retour aux sources “, confirme Virginie Corbin, directrice de l’entreprise. Equi-marché propose, par exemple, à la vente, une roulotte ” gitane ” sans attelage à partir de 10 000 euros. Il en coûte 12 650 euros pour un modèle de ” randonnée “, avec terrasse abritée.

Plus d’une vingtaine de sites proposent divers séjours en roulotte, à différents prix, partout en France. De l’Aveyron à la Normandie en passant par le Périgord ou le Lot, le choix est vaste. Alain Boy, gérant de la ferme équestre du Val de Seugne (Charente-Maritime), loue des roulottes depuis 1984. A cette époque, la période de location était complète sur cinq semaines entre avril et octobre. Elle l’est désormais sur quinze semaines.

Pour expliquer un tel engouement, M. Boy reprend les propos d’Henri Grolleau, secrétaire général du tourisme en espace rural jusqu’en 1999 : ” Il y a toujours eu trois catégories de touristes : les lézards des plages, les pies des stations balnéaires de renom et enfin les écureuils des campagnes et de la culture. Dans les années 1980, on dénombrait 50 % de lézards, contre 43 % dans les années 2000 ; le pourcentage de pies est passé, lui, de 48 % à 40 %. Quant à celui des écureuils, il est le seul à avoir évolué positivement, passant de 2 % à 17 % en vingt ans. “ Les vacances en roulotte itinérante représentent aujourd’hui 35 % du chiffre d’affaires de M. Boy.

En saison, les formules vont de 180 euros par jour à 980 euros pour une semaine. Elles comprennent un jour d’initiation à l’attelage, la location de la roulotte et du cheval, ainsi que sa nourriture. ” A bord “, l’habitacle est doté d’un coin cuisine, avec réfrigérateur et gaz, et d’un coin couchage pouvant accueillir de deux à cinq personnes. Convivialité et esprit bohème garantis.

Louise Audibert

© Le Monde

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