Ces dessinateurs français qui animent Hollywood

Ces dessinateurs français
qui animent Hollywood

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Oktapodi s'apprête à concourir pour l'Oscar du meilleur court-métrage d'animation.
Oktapodi s’apprête à concourir pour l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation.

Ces deux petits poulpes, dessinés et animés par une équipe de six jeunes étudiants de l’école des Gobelins, ont été sélectionnés aux Oscars dans la catégorie meilleur court-métrage d’animation. Oktapodi , film de fin d’études, va concourir avec des géants comme DreamWorks. Une belle récompense pour cette école, considérée comme la meilleure du monde dans l’animation.

Six jeunes Français en lice aux Oscars

Le 22 février prochain, la cérémonie des Oscars récompensera peut-être Oktapodi dans la catégorie du meilleur court-métrage d’animation. Rien d’extraordinaire sauf que ce film est le devoir de fin d’études 2007 d’étudiants français à l’école de l’image des Gobelins. Pour ces six petits génies aujourd’hui ­dispersés dans le monde entier (deux travaillent à Bangalore, en Inde, chez DreamWorks, l’un est chez Sony à Los Angeles, les trois autres sont intermittents du spectacle), c’est la consécration.

«Nous savions que nous avions nos chances car depuis un an et demi ce film a raflé toutes les récompenses dans les festivals internationaux, confie Quentin ­Marmier, l’un des réalisateurs. Le chasseur de tête de DreaWorks qui siégeait dans notre jury de fin d’année nous avait aussi prédit que nous irions jusqu’aux Oscars.» Comme tous ceux qui ont vu leur film hilarant, le jury des Oscars a été séduit par l’histoire simple d’une course-poursuite sur une île grecque entre deux ­poulpes amoureux, un chef cuisinier hystérique et une mouette perfide.

Bourré d’effets spéciaux et avec un graphisme digne de Nemo et de L’Âge de glace, le film a été retenu d’office. «C’est incroyable, nous sommes en compétition avec un géant comme Dreamworks !» s’exclame Quentin Marmier, qui ne sait plus où donner de la tête entre l’avalanche de demandes d’interviews et l’organisation du voyage. Pour des jeunes gens de 26 ans qui ne travaillent que depuis un an, tout cela n’a rien d’évident. Et ils découvrent l’organisation des Oscars avec surprise.

Comme tous les sélectionnés, ils seront à Los Angeles deux semaines avant la cérémonie, soit dès samedi ­prochain, le 7 février. Ils participeront à l’Oscar Showcase Tour, qui consiste à visiter tous les grands ­studios de Hollywood. «Pour ceux qui sont soutenus par des grandes maisons de production, c’est facile, commente Quentin Marmier. Mais nous, on doit se débrouiller tous seuls. Tout à coup, il faut trouver de la place dans les avions, réserver des nuits d’hôtel, louer un smoking et surtout payer car tous les frais, y compris le pressage des DVD pour la promotion du film, sont à notre charge.»


Ces héros made in France

Rémi, le héros de Ratatouille (DR).
Rémi, le héros de Ratatouille (DR).

Si Kung Fu Panda a séduit des millions de spectateurs dans le monde entier, c’est un peu grâce à deux Français. Véritables stars à ­Hollywood, Rodolphe Guenoden et Nicolas Marlet occupent des postes majeurs chez DreamWorks. Le premier a animé et supervisé toutes les scènes d’action de Kung Fu Panda. Le second a dessiné les héros du film : le panda débonnaire aux épais sourcils, la vipère tatouée, la tigresse maquillée à la chinoise sans oublier l’insecte vert. Un travail qui a impressionné Variety. Nicolas ­Marlet a ainsi eu droit, fin mai 2008, à l’honneur suprême : un grand portrait dans la bible de la profession.

Si DreamWorks est de loin le studio qui emploie le plus de Français, Disney, Pixar, Sony et la Twentieth Century Fox sont tout aussi attirés par ces Frenchies bourrés de talent et d’humour. C’est pourquoi on retrouve toujours un nom français dans leurs génériques. Guillaume Aretos a été le directeur artistique de Shrek. Éric Bergeron a fait Gang de requins puis Shrek 2. Éric Bouffard et Gilbert Davoud sont au générique de Monsters vs Aliens.

Kung Fu Panda (DR)
Kung Fu Panda (DR)

Formés le plus souvent aux Gobelins, qui dépendent de la chambre de commerce de Paris, ils sortent de la meilleure école au monde dans l’animation. «Nos étudiants sont très recherchés car ils savent animer n’importe quel animal dans n’importe quelle technique : dessin traditionnel, 2D numérique et 3D», explique Marie-France Zumofen, directrice du département animation. Ceux qui décrochent un visa s’envolent un temps pour Hollywood. C’est ainsi que Carlo Vogele, de la promo 2008, a rejoint l’équipe de Toy Story 3 chez Disney. De quoi faire rêver Quentin ­Marmier et ses camarades quand ils fouleront le tapis rouge du Kodak ­Theatre, le 22 février prochain.

Source: Le Figaro

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