Quelles sont les mesures pour lutter contre l’absentéisme à l’école ?

Une mère a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Valenciennes, à cause de l’absentéisme répété et non justifié de son fils Simon, un élève de sixième d’un collège du nord de la France. Une bonne solution ? «Non, évidemment que non», a reconnu mardi la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, rappelant au micro de France Inter son «attachement à ce que l’école et les parents puissent travailler ensemble». Cette histoire repose la question des moyens plus ou moins efficaces pour lutter contre l’absentéisme.

Que sait-on de cette affaire ?

Les seules informations viennent d’un communiqué du procureur de la République (1). L’année dernière, Simon, redoublant sa sixième, a loupé 79 demi-journées de cours sur les onze semaines du premier trimestre. Toujours selon le procureur, la mère a refusé tout contact avec l’Education nationale. Elle n’aurait pas, entre autres, donné suite aux injonctions des services éducatifs mandatés par un juge des enfants. Devant les policiers, elle a invoqué les problèmes de santé récurrents de son fils… sans jamais produire de certificat médical, assure le procureur.

Le 5 février, le tribunal correctionnel de Valenciennes la condamne pour «soustraction sans motif légitime à ses obligations légales au point de compromettre la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation du mineur».Une infraction prévue dans le code pénal, pour laquelle le juge peut prononcer jusqu’à deux ans ferme et 30 000 euros d’amende. En l’espèce, la mère a écopé de quatre mois avec sursis. Ce n’est pas la première condamnation du genre. En 2010, une mère avait été condamnée dans l’Aisne à deux mois avec sursis pour l’absentéisme répété de ses deux filles au collège.

La prison plutôt que la suppression des allocations ?

En 2010, le député UMP des Alpes-Maritime Eric Ciotti avait fait voter une proposition de loi visant à supprimer «systématiquement» les allocations familiales en cas d’absences injustifiées des enfants à l’école. Une mesure qui avait été adoptée, bien que contestée, et bien qu’existant déjà sur le papier mais jamais appliquée… Elle sera finalement abrogée trois ans après, parce que jugée inefficace.

Citons aussi l’épisode de «la cagnotte», à l’automne 2009 qui a également fait un flop. Martin Hirsh, ancien haut-commissaire aux Solidarités actives, avait lancé une expérimentation pour lutter contre l’absentéisme scolaire : donner à la classe une cagnotte qui peut atteindre 10 000 euros si elle fait des efforts d’assiduité et de comportement, somme qui sera utilisée pour un voyage scolaire, des permis de conduire, etc. L’expérimentation a vite tourné court, vu le message désastreux perçu par l’opinion, d’une école qui se met à payer les élèves pour qu’ils viennent…

Y a-t-il un réel problème d’absentéisme ?

L’absentéisme est stable depuis 2010, et a même bien baissé si l’on compare par rapport à 2007, selon la dernière note publiée par le ministère il y a un an. Au cours de l’année 2012-2013, 3,9% des élèves ont été absents sans motif quatre demi-journées ou plus par mois, et donc considérés comme «absentéistes». Ils étaient 9% en 2007-2008. Ces moyennes cachent des disparités qui peuvent être importantes selon les établissements. En janvier 2013, le taux d’élèves absents sans justification s’élevait à 14,8% dans les lycées professionnels, contre 6,4% dans les lycées généraux et 2,8% dans les collèges.

Les cas d’absentéisme «lourd» (au-delà de dix jours et demi d’absences non justifiés sur l’année, au sens du ministère), comme le cas de Simon, restent limités. «Quelles que soient les années, [ils représentent] en moyenne, toujours autour de 1% sur l’ensemble des établissements», selon cette note.

(1) La principale du collège d’Escaudain, où est inscrit Simon, n’a pas souhaité s’exprimer, orientant vers sa hiérarchie. Contacté, le rectorat n’a pas répondu pour l’heure à notre demande.

Définition de « condamnation avec sursis »

La prison avec sursis désigne une condamnation pénale que le condamné n’a pas à effectuer, sauf nouvelle condamnation pour une autre infraction dans un délai de cinq ans. Lorsqu’il est condamné à de la prison avec sursis, l’auteur de l’infraction ne fait pas l’objet d’une incarcération. Le tribunal a toutefois la possibilité de condamner un prévenu à une peine de prison dont une partie seulement sera avec sursis. Exemple : une personne peut être condamnée à 18 mois de prison dont 12 avec sursis. Dans ce cas, elle est condamnée à 6 mois de prison ferme auxquels s’ajoutent 12 autres mois de prison avec sursis.

Lycées professionnels : plus d’un élève sur 10 est absentéiste

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sources : liberation.fr, franceinfo.fr

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