Adulescent, dans le Petit Robert

Etes-vous un(e) adulescent(e) sans le savoir?  Faites le test … et vous verrez!

 Adulescent
nom et adjectif (de adulte et adolescent).
Jeune adulte qui continue à avoir un comportement comparable à celui qu’ont généralement les adolescents le Petit Larousse 2010.Immortalisé au cinéma par Tanguy, l’adulescent est à la fois le jeune adulte qui se comporte comme un ado et celui qui ne veut pas quitter le cocon familial. Bande de copains, jeux vidéos, vieux dessins animés, déguisements de Star Wars ou éternel étudiant, le mot revêt différentes réalités. Pour certains, c’est un concept purement marketing tandis que d’autres évoquent une période temporaire, un rite de passage moderne avant de franchir le cap de la vie adulte. Une autre manière de décrire le “syndrome de Peter Pan“.Au sein de cette mosaïque communautariste, il y a une tribu qui devient aujourd’hui particulièrement insupportable : les adulescents. Ce mot valise désigne une fraction de la population coincée entre l’adolescence et l’âge adulte et qui mélange les attitudes, les valeurs et les comportements des deux âges. En anglais, on les appelle les “kidults”. Ce sont les publicitaires et les médias qui ont développé le concept, à des fins marketing. En effet, l’adulescent, en plus d’être un peu con, est très réceptif au bombardement publicitaire, puisqu’il adore la mode, les comportements grégaires, la régression infantile et la profusion d’objets en tous genres pour calmer son angoisse.

A quoi reconnaît-on un adulescent ?

Les adulescents sont partout, mais on ne les détecte pas forcément du premier coup d’oeil. Moi-même, je fis leur connaissance un jour où, alors que je cherchai un raccourci que jamais je ne trouvis, j’assistai à leur débarquement. Il me faut désormais convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé … Pour cela, commençons par présenter les signes distinctifs de cette tribu :

1. L’adulescent adore les séries télé débiles, consommées sans ménagement, au premier degré. Il retrouve dans Friends ou Ally Mc Beal des modèles totémiques de la vie qu’il mène, mais en mieux. Exemple : dans ces séries, les colocataires et les collègues de bureau sont des grosses chaudes bien foutues qu’on peut niquer quand elles ont un coup de blues, tout en restant copains pour la vie.

2. Il ne se contente pas d’aimer les jeux vidéos, il endosse tous les codes de l’enfant vivant dans son univers de jeu. Il trouve ça fun de se faire piétiner la tronche pour être parmi les premiers à acheter la Play Station 2.

3. Il parcourt les rues en trottinette, content d’être ridicule, combinant dans une sorte d’extase la vitesse, le jeu (c’est rigolo), l’adhésion au groupe (les gens qui roulent en trotinette sont cools et je suis leur copain) et la prétention écologique (alors que l’adulescent, pas son style de vie, est un gros pollueur).

4. Il utilise des formules kitsch, vulgaires et idiotes, tout en étant convaincu de formuler une vision philosophique originale (“ouais, ben moi, j’en ai rien à foutre d’avoir l’air ridicule sur ma trottinette ; je fais pas attention au regard des autres”).

5. Il témoigne d’une énorme nostalgie de son enfance, qu’il tente de retrouver au travers de régressions puériles (on chante Goldorak, on se déguise en Casimir, on prend des intonations de mômes de huit ans pour raconter ses petits soucis, on mange des bombecs toute la journée, etc.).

6. Il développe des rapports sociaux superficiels, ambiguës et immatures (les petits complots entre copines, les préhensions enfantines – je te touche et tu me touches à longueur de journée, mais on ne baise pas, etc.).

7. Il vénère des icônes qui légitiment et structurent son monde : Arthur et son karaoke (le mono sympa avec qui on chante des chansons), Jean-Luc Delarue (le grand frère confesseur), les pétasses variétoches qui chantent le grand amour (la copine qui montre la voie).

8. L’adulescent refuse toute forme de dialogue élaboré et fuit le débat. Dépolitisé, peu cultivé, utilitariste et consumériste, il n’est pas doué d’une vie intérieure très intense. Total, l’adulescent devient de plus en plus con, vu que les neurones, ça s’encrasse quand on ne s’en sert pas. Il s’épanouit en parlant shopping, clubbing, tuning, people et tracas quotidiens, dans une sorte de culture généralisée du bavardage. Bref, l’adulescent est d’une compagnie très chiante car il n’a pas d’avis (juste des leitmotiv con-con, cf. point 4), ni même de connaissances de l’actualité : “Ah bon, y’a des inondations dans le sud ?”.

Sur le web, de plus en plus de sites s’adressent au public adulescent, dans une veine potache ou copain-copine. Visez par exemple ce super site des animations de notre enfance. Je vous conseille un détour par le livre d’or, ça vaut le coup d’œil. Certes, y’a bien quelques grincheux, comme celui qui constate que “C’est pas trop mal mais ce serait un peu mieux si y avait un peu plus de trucs sur le Manège Enchanté et aussi sur Joyce et les conquérents de l’espace“. Globalement, ils sont contents, les uns et les autres, de retrouver tous les chouettes copains de leur enfance, Maya l’abeille, Albator, Captain’ Flam, Winnie l’ourson et tous les autres.

Source : fluctuat.net

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