Tokyo fête le cinéma français

Depuis trois jours, Juliette Binoche, Josiane Balasko ou encore Costa-Gavras participent au 4ème Festival du film français de Tokyo. Les fans japonais font la course aux autographes.

« Julietté Binocheu ! » C’est comme ça qu’on dit en japonais, ou plutôt qu’on crie le nom de la comédienne dans les rues de Tokyo. Présente dans la capitale nipponne depuis une semaine pour son spectacle de danse, elle préside aussi depuis jeudi le 4 e Festival du film français de Tokyo qui s’achève ce soir.

A chacune de ses sorties, de longues files de fans l’attendent, donnant lieu parfois à des crises d’hystérie. Elle n’est pas seule au Japon : producteurs, distributeurs, exportateurs, réalisateurs et comédiens ont fait le déplacement pour y porter haut les couleurs de notre cinéma national. Au grand bonheur des spectateurs qui, entre projections des seize films de la sélection et soirées spéciales dont une Nuit de l’horreur, peuvent se livrer à des débats ou assister à des séances de dédicaces un vrai sport national avec Josiane Balasko, Christophe Honoré, Vahina Giocante, Blanca Lee, Anne Consigny, Diane Kurys, Costa-Gavras ou Véra Belmont.

« Vous avez meilleure mémoire que moi »

Les cinéastes et les stars, même s’ils s’y attendaient, s’avouent surpris par la ferveur de ce public étonnant, qui connaît leurs filmographies ou certaines de leurs répliques par coeur, et qui patiente de longues heures pour décrocher l’autographe magique. « C’est dingue, ils se souviennent de films dans lesquels j’ai tourné il y a quinze ans et que j’ai moi-même oubliés », s’étonnait vendredi Josiane Balasko (« Cliente »), en écho à Juliette Binoche qui, la veille, lançait : « Vous avez meilleure mémoire que moi » à une journaliste locale à propos d’une scène dans « l’Heure d’été », d’Olivier Assayas. Blanca Lee, venue pour défendre « Le code a changé », de Danielle Thompson, est presque admirative de « l’extrême précision avec laquelle les journalistes préparent leurs questions, que ce soit sur le film ou sur ma carrière ». Elle aussi a été surprise d’être « autant sollicitée pour les autographes », lors de la cérémonie d’ouverture jeudi au cinéma Toho, devant le gigantesque building Mori Tower, véritable ville dans la ville.
Sollicitée, le terme a tout du doux euphémisme lorsqu’il s’agit de la présidente de cette 4 e édition du festival organisé par Unifrance (l’association du cinéma français à l’étranger). Il fallait voir, ce même jeudi soir, le parcours du combattant auquel a dû se livrer Juliette Binoche lors de son passage sur le « tapis rouge » dix minutes pour parcourir 50 m, une bousculade phénoménale, son nom scandé par une foule déchaînée de 1 000 personnes agitant de petits drapeaux tricolores : bienvenue au pays des passionnés ! Prenez Akira, 38 ans, et son amie Reiko, 45 ans : depuis plusieurs années, ils posent quelques jours de vacances pour ne rien manquer du festival ! Fan assidu il décrit fièrement sa collection d’autographes arrachés à Sophie Marceau, Emmanuelle Béart ou Nathalie Baye , Reiko affirme avoir subi « un véritable choc », il y a vingt ans, en voyant « César et Rosalie », de Claude Sautet, avec Romy Schneider. Depuis, il ne jure plus que par le cinéma français.
Tahishiro, 33 ans, explique sa ferveur : « Les films français ne sont pas manichéens, comme peuvent l’être les grandes productions de Hollywood, en particulier lorsqu’ils abordent des histoires d’amour, souvent traitées de façon réaliste. » Son meilleur souvenir ? Avoir posé, une année, aux côtés de Jeanne Moreau, qu’il vénère.

Source, Le parisien

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