Le regard salé des Britanniques sur notre Hexagone !!!

La presse anglaise en plein «French Bashing»

Il est un sport dans lequel les Britanniques excellent encore. Et particulièrement ces derniers mois. Il s’agit du «French Bashing», dont la traduction polie est «le dénigrement systématique de tout ce qui est français». L’Entente cordiale entre la perfide Albion et la patrie des droits de l’homme implique bien sûr une longue tradition de piques acides. Mais celles-ci restaient, jusqu’à présent, relativement équilibrées des deux côtés de la Manche. Et se limitaient souvent aux questions du manque d’hygiène (chez les Français) ou de la propension à bouillir tout met comestible (pour les Britanniques). Mais depuis peu, le ton côté britannique s’est durci.

Déjà, pendant la campagne présidentielle en 2012, le fait que David Cameron ne reçoive pas François Hollande en visite à Londres avait un peu froissé. Puis, la réflexion du Premier ministre britannique proposant de «dérouler le tapis rouge» pour accueillir les millions de Français prêts à fuir le pays avait un peu agacé. Quelques mois plus tard, le tonitruant maire de Londres, le conservateur Boris Johnson, comparait l’administration socialiste de Paris à «la terreur et la tyrannie» sous la Révolution française. Rien de surprenant de la part de Boris Johnson, surnommé outre-Manche «le bouffon».

Mais un dossier du très sérieux The Economist intitulé «La France : bombe à retardement au cœur de l’Europe» avait franchement blessé. Début janvier, David Cameron versait du sel sur les blessures en glissant une allusion sur le «désastre économique» que provoque une administration de gauche dans un pays. L’ambassade de France à Londres répliquait alors par un communiqué vigoureux détaillant les réussites françaises et certaines défaillances britanniques. Ce communiqué a été repris en boucle par une presse conservatrice outragée.

Arrive l’affaire Hollande-Trierweiler-scooter-croissants-Gayet. Et la presse britannique ne s’en est pas remis. Pas seulement les tabloïds. La presse dite de qualité s’est aussi déchaînée, glosant sur la vie sentimentale décidément débridée des dirigeants français et sur le manque de colonne vertébrale des journalistes de l’Hexagone, incapables de demander vraiment des comptes à leur dirigeant.

Vendredi, pour illustrer le sommet franco-britannique, le très respectable et conservateur Daily Telegraph ouvrait à ses lecteurs un sondage sur son site internet sur «François Hollande sex scandal : have your say». Et samedi, même le Guardian, de centre gauche et plutôt francophile, affichait en une la photo la moins flatteuse possible de François Hollande. Le président sortait du pub où il avait déjeuné avec David Cameron et affichait une moue semblant dire : «Mais qu’est-ce qu’ils me gonflent, ces rosbifs !» En fait, il ne soupirait qu’après la pluie qui commençait à tomber.

.libe

Sonia DELESALLE-STOLPER

liberation.fr

Deja un comentario