Nos enfants nous accuseront

Nos enfants nous accuseront

un film de Jean-Paul Jaud

Un titre qui interpelle, qui effraye même. Pourtant, « Nos enfants nous accuseront » n’est pas un énième film-documentaire alarmiste suscitant culpabilité et abattement. S’il ne manque pas de dénoncer les dangers de l’agriculture chimique, tant pour les consommateurs que pour les agriculteurs, il raconte aussi, avec saveur et poésie, l’histoire d’une cantine scolaire qui invite le bio à sa table. Et la prise de conscience de tout un village…

Barjac, petit village du Gard (France). A proximité, des champs s’étalent à perte de vue. Les vignobles et vergers effleurent les maisons de brique entourant le clocher de l’église. Un paysage idyllique sur grand écran, accompagné d’une bande sonore où se côtoient chants de criquets et d’oiseaux. Les senteurs du Sud semblent émaner de la pellicule… Tout au long du documentaire « Nos enfants nous accuseront », les richesses de la nature sautent aux yeux, résonnent, sentent, goûtent… Rappelant inévitablement que l’homme se doit de respecter ces trésors naturels. Surtout lorsqu’au milieu de ce paysage magnifique, digne de « La petite maison dans la prairie », se dessine un agriculteur sur son tracteur, en plein épendage de pesticides. Surtout, aussi lorsque se faufilent des images de spécialistes, réunis à l’occasion d’un colloque sur l’environnement et la santé durable. Des spécialistes qui n’ont de cesse de tirer la sonnette d’alarme, déversant chiffres alarmants et revendications inéluctables. Surtout, enfin, quand des témoignages touchants de victimes de maladies liées à l’utilisation de produits chimiques viennent ébranler la beauté de la nature.

Dans le film-documentaire « Nos enfants nous accuseront », il ne s’agit pas uniquement de constater les ravages, mais aussi d’agir, en témoigne la volonté de la municipalité de Barjac d’introduire le bio dans la cantine scolaire du village. L’ensemble de la communauté scolaire emboîte le pas. L’institutrice éveille ses élèves aux joies du potager. Les cuisiniers redécouvrent leur métier un peu oublié par l’automatisme du surgelé et préparent des mets sains, à partir de produits issus de l’agriculture biologique. Une démarche qui très vite se mue en prise de conscience plus large, et parfois même en changements de comportements, du côté des parents et d’autres habitants. Désormais, chacun regarde son assiette d’un autre œil et s’interroge sur les dangers d’une agriculture déversant chaque année en France 76 000 tonnes de pesticides.

« Nos enfants nous accuseront » met en avant une démarche émanant d’un petit village de campagne, où la participation des habitants à la vie collective est prégnante. Il s’agit bien entendu d’étendre la démarche et de l’adapter en ville où les réalités sont toutes autres. Le film montre que le maire de Barjac est sollicité par d’autres villages… Ne dit-on pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières ?

Céline Teret

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